Le chemin... Et après?

Publié le par Isabelle

J'ai donc quitté mon appartement et ma vie parisienne le 6 mai emportant avec moi un sac à dos de 20L pour mes vêtements, mon nécessaire de toilette, un peu de lecture et un carnet pour noter quelques souvenirs ainsi qu'un petit sac à dos de 10L pour mon ravitaillement (oui oui la nourriture c'est suuuuper important!!!)

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Pour ne pas avoir à porter de matériel de camping et pour avoir un confort relatif pour dormir, j'ai choisi d'être hébergée dans des gîtes pour les marcheurs. Après mes 26 km journaliers je posais donc mon sac pour la nuit dans un dortoir, ou, quand je n'en trouvais pas ou que j'avais envie d'un peu d'intimité, dans une chambre d'hôtes ou dans un hôtel. Les 3 premières semaines je n'ai croisé personne ou presque sur le chemin. Ça m'a fait un bien fou ces journées de marche au calme et ces soirées dans les gîtes où il n'y avait que moi. Mon plus beau souvenir est mon arrivée dans un tout petit village à quelques pas de la Loire où mes hôtes charmants m'avaient réservé un petit appartement pour moi toute seule joliment aménagé dans une ancienne grange. J'y ai lu, je me suis préparé un bon dîner et j'ai allumé un feu dans la cheminée. C'était ressourçant, apaisant, je me sentais isolée du monde, autosuffisante!

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J'ai marché, en comptant une à deux journées de repos par semaine, pendant 46 jours. J'ai marché dans des champs à perte de vue, longé la Loire et ses châteaux, traversé la Touraine et la région Poitevine, je suis passé dans des bois, j'ai traversé 12 départements, les vignobles bordelais, de grandes villes aussi, puis les immenses forêts de pins des Landes avant d'arriver dans le verdoyant et vallonné Pays Basque. J'en ai pris plein les yeux, plein les poumons, plein les pattes. J'ai marché sous le soleil souvent, dans le vent parfois, sous la pluie occasionnellement. J'ai vu le blé murir et passer du vert au doré, les cerises rougir, les plantations changer selon les régions : les céréales, les petits pois, les vignes, les carottes, les asperges, les kiwis... J'ai croisé des lapins, des bîches, toutes sortes d'animaux de ferme, des cigognes et tant d'autres oiseaux, des serpents aussi!

Sur la suite de mon chemin j'ai rencontré d'autres marcheurs qui avaient eux aussi quitté leur quotidien pour diverses raisons : combattre une maladie, s'assurer qu'ils étaient toujours vivants après avoir frôlé la mort, oublier un chagrin d'amour...

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J'ai atteint mon objectif le 20 juin. Cela fait un drôle d'effet, quand, après 46 jours où la raison de se lever le matin était de suivre ce chemin qu'on a choisi. Soudain c'est terminé, ce voyage qu'on a organisé et rêvé pendant des mois. Terminé de n'avoir pour seul soucis que l'endroit où on va dormir et ce qu'on va manger au casse croute ou au repas du soir. Fini cette sensation d'être en marge du monde, que toute cette frénésie et ces absurdités ne nous concernent pas. Il faut revenir au monde!

A un moment il va aussi falloir retourner travailler! Quand je faisais mon bilan l'an dernier je disais que le monde du fromage est incroyablement dynamique. Je confirme! Je n'ai même pas eu le temps de chercher du travail qu'on m'en proposait déjà!

J'ai choisi parmi mes propositions de rejoindre une équipe et un projet qui sort de l'ordinaire. J'avais rencontré Pierre Coulon lors de mon année de formation quand il travaillait encore chez Androuet. Il a ensuite quitté l'entreprise pour partir explorer le monde du fromage et découvrir toutes sortes de méthodes et de traditions de fabrications dans le but de monter la première laiterie parisienne où on fabrique du fromage dans la capitale. Quand son projet était dans les tuyaux j'avais participé à son financement participatif et j'ai suivi avec intérêt son lancement il y a deux ans. La laiterie de Paris c'est un bel engagement : ne choisir que de bons ingrédients pour fabriquer les fromages, les yaourts et autres desserts, rémunérer les producteurs au prix juste, éviter le gaspillage de contenants en utilisant le verre et la consigne... Une éthique qui me plait et dans laquelle je me reconnais. C'est donc cette joyeuse équipe que je vais intégrer dans une semaine tout pile. Affaire à suivre!

Le chemin... Et après?

Publié dans Mon histoire

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